Rencontre avec Benjamin Dutreux, skipper vendéen

28/10/2019 | La lettre d'information du projet, Les actus et l'édito

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Au lendemain du départ de la Transat Jacques Vabre, retour sur notre rencontre avec Benjamin Dutreux, alors en pleine préparation pour sa course.

 

 

Bonjour Benjamin, peux-tu nous présenter la Transat Jacques Vabre ?

La Transat Jacques Vabre est une course à la voile qui démarre dimanche 27 octobre, depuis le Havre, direction Salvador de Bahia au Brésil ! Cette course a quelques particularités : une traversée du Golfe de Gascogne, puis descente le long des îles Canaries et du Cap Vert pour rejoindre les alizées, qui vont nous aider à traverser l’Atlantique. Direction le sud ensuite pour trouver la meilleure opportunité pour traverser le Pot au Noir, proche de l’équateur (c’est une zone difficile, sans vent, où la météo est peu prévisible).

Ce sera la première fois que mon coéquipier Thomas Cardrin et moi changerons d’hémisphère, une grande première ! Autre particularité de cette course : elle se réalise en double, c’est assez rare. Nous, les skippers, avons l’habitude de naviguer en solitaire, et ce format permet de pousser les limites du bateau et d’échanger nos points de vue sur les réglages.

 

Ce sera ta première course avec l’IMOCA. Comment appréhendes-tu la navigation avec ce nouveau bateau ?

Je suis impatient ! Il y a beaucoup de nouveaux éléments à prendre en compte, il faut appréhender toute la technicité du bateau et apprendre le plus vite possible. Cette course est très différente de la Solitaire du Figaro par exemple, où tous les skippers naviguent sur les mêmes bateaux. Les IMOCA (classe des bateaux du Vendée Globe – regroupe la flotte de ces bateaux de 18,128 m de long)  sont au contraire tous conçus par des architectes différents. Il faut y passer du temps pour apprendre à les manier et à exploiter leur potentiel.

Les premières navigations ont eu lieu il y a deux semaines, et nos qualifications pour la Transat se sont déroulées dans la foulée. Il a fallu parcourir 1000 milles (1852 km) dans le Golfe de Gascogne en un peu plus de trois jours, quel défi !

 

Quelle a été ta préparation ?

Notre préparation a été un peu tardive, car il a fallu fortement mobiliser notre équipe technique pour achever la confection du mât chez le fabricant. On a travaillé jour et nuit, week-end compris, pour pouvoir concourir à cette transat. C’est la première fois que je participe à cette course et que tout le monde nous félicite, alors que le départ n’a pas encore eu lieu ! Je suis fier de l’équipe qui est soudée et solide !

 

Quel objectif t’es-tu donné pour cette course ?

Notre principal objectif, c’est d’apprendre à connaître le bateau, de faire corps avec lui, car l’idée c’est ensuite que je réalise un tour du monde, la transat Jacques Vabre étant une des courses qualificatives pour le Vendée Globe 2020. Souvent un bateau qui va vite c’est un bateau sur lequel on ne force pas trop. Il faut effectuer les manœuvres les plus justes pour traverser l’Atlantique en toute sérénité. Notre objectif principal est de mener une belle trajectoire, de ne pas trop tomber dans le jeu de la compétition, et d’aller jusqu’au bout. Apprendre à se connaitre et à lever le pied : quel défi !

 

Aujourd’hui le respect de l’environnement et l’éco-responsabilité sont de plus en plus valorisés : peuvent-ils être mis en parallèle avec la voile ?

Ces valeurs sont au cœur de notre équipe. Notre bateau s’appelle d’ailleurs Water Family, du nom d’une association qui sensibilise les enfants à la consommation responsable et à la préservation de l’eau. Quand on part en mer, il faut apprendre à vivre avec le strict minimum : c’est directement lié à notre performance, et c’est très agréable de se sentir connecté aux fondamentaux de la vie. Quand on est en mer, il n’y a pas de surplus, il n’y a que l’essentiel.

 

 

Eoliennes en Mer Iles d’Yeu et de Noirmoutier est heureuse et fière de soutenir Benjamin dans sa progression vers la course au large auprès des plus grands de la profession !

 

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