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    Le projet

    Où en sont les projets dans leurs calendriers respectifs ?

    Les 9 et 10 mai 2017, Eoliennes en Mer Iles d’Yeu et de Noirmoutier (EMYN) et Eoliennes en mer îles d’Yeu et de Noirmoutier (EMYN) ont déposé auprès des services de l’Etat leurs dossiers de demandes d’autorisation, conformément aux exigences du cahier des charges qui imposait un dépôt au plus tard à la date T0+36 mois après l’obtention de l’appel d’offres, soit le 3 juin 2017.

    Les enquêtes publiques des deux projets sont prévues du 4 avril au 23 mai 2018 pour NOY et au second semestre 2018 pour TRE. La remise des autorisations administratives par les services de l’Etat devrait intervenir avant la fin de 2018. La décision finale d’investissement, qui interviendra une fois les autorisations purgées de tout recours obtenues, marquera le lancement des travaux de construction du parc en 2019 pour une mise en service prévue en 2021.

    Pour un projet tel que celui-ci, avec des études de faisabilité, le durée des travaux, etc., pourquoi une durée d'exploitation aussi faible (25 ans) ?

    Pour le projet éolien en mer des îles d’Yeu et de Noirmoutier, la concession d’occupation du domaine public octroyée par l’état est d’une durée de 40 ans. Cette période démarre après l’obtention des autorisations administratives définitives. Après 2 années de travaux et 25 ans d’exploitation, une évaluation de l’état d’usure du parc sera réalisée. Si l’état d’usure permet un prolongement de la durée d’exploitation du parc éolien en mer, elle pourrait donc se poursuivre dans la limite des 40 ans de la concession. Dans le cas contraire, il sera procédé à un démantèlement de l’ensemble des composants du parc (éoliennes, fondations, câbles inter-éoliennes), conformément à la réglementation.

    Quid du démantèlement du parc ?

    Après une période d’exploitation du parc de 25 ans, la durée de vie du parc éolien en mer pourra être prolongée si l’état de fonctionnement de l’installation le permet. Dans le cas contraire, les composants du parc seront démantelés (y compris les fondations) afin de remettre le site en état selon la réglementation en vigueur. 

    1. L’obligation de démantèlement

    En France, les parcs éoliens en mer sont soumis à une obligation légale de démantèlement et de réhabilitation du site dans le respect de l’environnement et sur la base de l’état initial.

    En fin de concession, la convention liant l’occupant à l’État prévoit que l’exploitant est contraint de remettre en état, restaurer ou réhabiliter le site (article R. 2124-2-8° du code général de la propriété des personnes publiques). 

    1. Réserves financières pour le démantèlement

    L’éolien en mer est la seule industrie de production électrique dont le démantèlement est sécurisé financièrement dès le démarrage  du projet et tout au long de la durée d’exploitation. 

    En l’état actuel de la législation française, les parcs éoliens en mer sont soumis à une obligation de démantèlement dans le respect de l’environnement, dans le cadre des autorisations de construction qui leur sont délivrées (Loi sur l’eau et Utilisation du domaine public maritime). 

    Le cahier des charges de l’appel d’offres de l’Etat en date de 2013, et pour lequel la société Eoliennes en mer îles d’Yeu et de Noirmoutier a été désignée comme lauréat, prévoit d’ailleurs des obligations financières en ce sens – notamment :

    La mise en place de garanties financières (garantie bancaire ou consignation à la caisse des dépôts) à hauteur du montant des travaux nécessaires au démantèlement. Ces garanties sont prévues dans l’offre du candidat. Le maître d’ouvrage est donc légalement responsable et doit provisionner les garanties nécessaires au démantèlement du parc éolien en mer auprès de la Caisse des Dépôts et Consignations, dès l’attribution de l’appel d’offres.

    En cas de recours, la phase de construction serait-elle retardée ?

    Le calendrier actuel, qui prévoit un lancement de la phase de construction en 2019, ne prend pas en compte les éventuels retards causés par des recours en justice contre les autorisations administratives obtenues. La durée de cette procédure pourrait ainsi impacter le lancement des travaux d’environ un à deux ans (sur la base des expériences des 4 parcs éoliens attribués au cours du 1er appel d’offre éolien en mer de 2011 qui ont fait l’objet de recours juridiques).

    Pourquoi avoir abandonné la turbine Areva-Adwen au projet d'une technologie Siemens Gamesa?

    EMYN n’a pas fait le choix d’abandonner la technologie Adwen. La fusion entre Siemens et Gamesa, validée en mars 2017 par la Commission européenne, a marqué le lancement d’un processus de réorganisation interne de la nouvelle entité Siemens Gamesa Renewable Energy (SGRE). SGRE a fait le choix de ne pas développer deux turbines 8 MW en même temps, et ainsi de rationaliser son portefeuille de turbines afin d’apporter de la cohérence à son offre éolienne.

    Quels événements de concertation ont été organisés depuis le débat public de 2015?

    A l’issue des trois mois de débats public du 2 mai au 7 août 2015, le maître d’ouvrage a pris des engagements relatifs à la pousuite de la concertation avec l’ensemble des acteurs du territoires. Afin d’atteindre cet objectifs, de nombreux outils ont été déployés par l’équipe de développement du projet basée à Nantes :

    • Mise en ligne d’un site internet du projet qui permet de poser des qustions sur le projet
    • Lettre d’information trimestrielle du maître d’ouvrage
    • Point information dédié au projet sur l’île d’Yeu et à Noirmoutier-en-l’île
    • Une vingtaine de groupes de travail thématiques organisés avec les acteurs de chaque domaine (environnement, tourisme, ressources halieutiques, sécurité maritime, impact socio-économique, raccordement…) sous l’égide de la préfecture de Vendée à l’aide d’une Instance de Concertation et de Suivi (ICS)
    • Des réunions publiques d’information
    • 2 éditions (2016 et 2017) de l’exposition sur l’environnement itinérante
    • Des présentations dans les écoles, collèges et lycées du territoire
    • Des rencontres régulières avec l’ensemble des acteurs institutionnels du territoire (collectivités locales, acteurs économiques, usagers de la mer, acteurs de l’environnement…)

      La construction et l’exploitation

      Il paraît que le parc va générer 75 Tonnes d’aluminium par an, quels sont les impacts sur l’écosystème ?

      Depuis que nous avons été attributaires du projet de parc éolien en mer des îles d’Yeu et de Noirmoutier en 2014, nous avons sans cesse cherché à prendre en compte les attentes du territoire vendéen dans nos choix techniques. Nous avons par exemple retravaillé le schéma d’implantation des câbles et des éoliennes du parc éolien, en 2016, afin notamment d’assurer sa compatibilité avec les activités de pêche professionnelle. 

      Nos derniers échanges avec les acteurs locaux ainsi que les travaux récents réalisés par nos équipes techniques nous conduisent aujourd’hui à adopter un changement technologique concernant la protection cathodique contre la corrosion des fondations du parc éolien en mer. 

      La protection cathodique des fondations du parc éolien en mer des îles d’Yeu et de Noirmoutier envisagée jusqu’ici consistait à placer des anodes dites « sacrificielles » – majoritairement composées

      d’aluminium – sur les fondations « jackets » en treillis métallique. La dissolution des anodes sacrificielles dans l’eau permet en effet par réaction chimique de protéger les parties métalliques des fondations. 

      La nouvelle technique envisagée consiste consiste en l’installation d’anodes faites de titane qui reçoivent un très faible courant électrique permettant, par réaction chimique, de protéger la structure de la corrosion. Le système est raccordé à l’éolienne et des câbles parcourent la fondation afin de transporter l’électricité jusqu’aux anodes. Ces câbles génèrent un très faible champ magnétique, sans danger pour la faune et flore.  Cette technologie plus récente, essentiellement appliquée dans les parcs éoliens sur des fondations de type monopieu, est de plus en plus utilisée sur des fondations de type « jacket » (en treillis métallique), comme celles qui équiperont le parc éolien en mer des îles d’Yeu et de Noirmoutier.  

      Si les anodes sacrificielles, dont l’impact sur l’environnement est faible, sont une technologie éprouvée et largement répandue (on les retrouve par exemple sur d’autres ouvrages métalliques en mer, sur les bouées ou les navires de commerce et de pêche), la concertation avec le grand public et les associations environnementales a amené Éoliennes en Mer Iles d’Yeu et de Noirmoutier (EMYN) à lui préférer le système de protection par courant imposé qui permet d’éviter le rejet de métaux dans l’environnement. Les analyses techniques approfondies réalisées ces derniers mois ont en effet permis à EMYN de confirmer la fiabilité technique de cette méthode de plus en plus utilisée. 

      Le parc éolien en mer des îles d’Yeu et de Noirmoutier sera ainsi le premier de France, avec celui de Dieppe -Le Tréport, à être équipé de fondations jacket et à utiliser intégralement cette technologie

      Pourquoi avoir choisi des fondations jacket ?

      Le choix de fondations jacket répond à un enjeu environnemental : les fondations en treillis métalliques permettent non seulement de réduire l’emprise sur les fonds marin (par rapport à des fondations de type monopieux ou gravitaire) mais elle permet aussi de créer une zone d’habitat artificielle pour la faune et la flore. L’absence d’utilisation de peinture antisalissure (aussi appelé peinture anti-fouling) sur les parties immergées des fondations va ainsi favoriser ce que l’on appelle « l’effet récif » des fondations jacket.

      Combien de temps la turbine tournera-t-elle et produira-t-elle de l'électricité ?

      Compte tenu des bonnes conditions de vent en mer, la turbine tournera 90% du temps environ. Ainsi, le vent sera compris 90% du temps entre une vitesse de 11 Km/h de vent (vitesse minimum pour que l’éolienne se déclenche) et 90 km/h qui correspond à la vitesse de blocage des pales de l’éolienne pour des raisons de sécurité. Le facteur de charge de l’éolienne c’est à dire l’équivalent de production à pleine puissance du parc (à la capacité installée de 496 MW) devrait être d’environ 40% : c’est à dire que la production annuelle d’électricité du parc correspondra à un fonctionnement théorique à pleine puissance pendant 40% du temps. En comparaison, le facteur de charge des éoliennes terrestres est d’environ 25%, les vents soufflant à terre étant moins puissants et réguliers qu’en mer.

      Quelle est la composition d'une éolienne en termes de matériaux ? Quelle proportion de matériaux recyclables?

      Chaque éolienne du futur parc éolien en mer sera composée de trois parties principales:

      • Un mât  d’un diamètre variant de 6 en section basse à 4m en section haute
      • Une nacelle positionnée au sommet du mât d’une longueur de 20m pour une hauteur de 8m et une largeur de 9m
      • Un rotor composé de 3 pales insérées sur un moyeu. Chacune de ces pales présentera une longueur de 81m, permettant ainsi d’atteindre une surface balayée par le rotor de plus d’environ 22 000m².

      Les éoliennes seront composées d’un grand nombre de matériaux. Néanmoins, les principaux matériaux seront l’acier pour la structure du mât, de la nacelle et du moyeu et de la fibre de verre pour les pâles et la structure externe du moyeu et de la nacelle.  

      Concernant la question du recyclage des matériaux des éoliennes, il est à ce jour estimé que 88% de ces derniers sont valorisables. 

      Concernant les équipements contenus au sein des éoliennes, au préalable des opérations de démantèlement, une étude sera menée pour valider leur possible réutilisation en fonction de leur état notamment. En effet, la réutilisation d’équipements après remise en état est de plus en plus courante dans le secteur de l’éolien offshore comme par exemple les équipements des nacelles des éoliennes. Cette étape sera déterminante car elle permettra de définir en amont la destination des différents composants.

      Les matériaux comme l’acier et le cuivre seront recyclés en fonderie. La fibre de verre quant à elle sera si possible réutilisée ou recyclée.

      Où seront implantées les bases de maintenance du projet ?

      EMYN a prévu d’implanter à Port-Joinville et à l’Herbaudière ses activités de maintenance légère, à savoir les activités de maintenance quotidienne. Les activités de maintenance lourde (impliquant l’utilisation de plus grands navires) seront basées dans un port plus grand, car ces deux ports ne peuvent pas accueillir ces navires.

      En termes moyens logistiques maritimes, EMYN disposera de  3 navires (2 à Port-Joinville et 1 à l’Herbaudière) qui permettront de transporter les pièces et les techniciens sur site. A terre (ou dans le port), les bases seront composées de bureaux, de zones de stockage, de quais et pontons et de moyens de levage pour charger les navires.

      Combien et quels types d'emplois seront créés?

      Pendant la phase d’exploitation et de maintenance (25 ans), le projet de parc éolien en mer de Yeu Noirmoutier mobilisera 125 emplois locaux et non-délocalisables (60% mobilisés par Siemens-Gamesa et 40% par EMYN), répartis selon les catégories d’activités suivantes :

      • 60% de techniciens (à terre et en mer)
      • 10% de marins
      • 30% de postes d’encadrement
      Comment la période estivale très touristique sera-t-elle impactée ? Comment faire co-exister les activités touristiques et industrielles ? Cela engendrera-t-il un engorgement dans le(s) port(s) ?

      L’implantation de la base de maintenance dans la partie industrielle du port de Port-Joinville dédiée notamment au stockage de carburant, à la pêche, au fret passager et commercial permet d’éviter d’impacter la partie touristique du port située au niveau du Quai du Canada. Cette zone, initialement imaginée pour l’implantation de la base de maintenance n’a pas été retenue à l’issue de la concertation avec les usagers portuaires. L’organisation de la base de maintenance a également été pensée pour limiter l’impact sur les autres usages de la partie industrielle du port. 

      En période estivale, les deux bateaux de maintenance quitteront le port le matin pour une journée type (7h/17h00). Tout comme l’ensemble des autres usagers de Port Joinville, ils se conformeront à la réglementation en vigueur et aux priorités éventuelles qui peuvent  être occasionnées en cas d’affluence dans le chenal. La proximité avec les bateaux de la Régie ne semble pas être une contrainte car les mouvements de leurs navires (A/R Fromentine ou déhalages) sont connus plusieurs mois à l’avance et les sorties des bateaux de maintenance pourront tout à fait être coordonnées en fonction.

      Comment la maintenance sera-t-elle effectuée en cas de tempête?

      La réalisation des activités de maintenance sur le parc dépendra directement des conditions météorologiques en mer. En cas de houle trop forte ou de tempête, les bateaux de maintenance ne seront pas autorisés à intervenir afin de garantir la plus grande sécurité du personnel et du matériel. Dans ce cas, les opérations sur site seront repoussées pour une intervention dès que les conditions météorologiques le permettront. Le centre de contrôle à terre sera néanmoins capable d’intervenir à distance pour bloquer les pâles et mettre en sécurité les éoliennes en cas de vents violents ou de tempête.

      Yeu : Quel impact du centre de maintenance sur les transports terrestres sur l’île, notamment en période estivale ?

      Le matériel nécessaire à la maintenance du parc éolien arrivera directement par bateau vers le centre de maintenance situé à Port-Joinville, il n’y aura donc pas de transit de matériel routier sur l’île. Les éventuels impacts de la base de maintenance sur le trafic routier concerneront les déplacements des salariés qui résideront sur l’île. Une réflexion est engagée par EMYN et SGRE afin de limiter ce trafic routier et l’impact du stationnement par exemple avec la possibilité de mise en place d’une navette leur permettant de se rendre sur leur lieu de travail.

      Yeu : Quelle relocalisation des usagers ?

      La relocalisation des usagers existants concerne 3 catégories d’usager :

      • Le bâtiment : La relocalisation des activités de mareyage impactées par l’installation de la base de maintenance est pilotée par la CCI 85 depuis août 2017. Des conditions égales ou meilleures de localisation seront assurées aux usagers portuaires concernés.
      • Le quai : L’emplacement des deux bateaux de maintenance sera situé au niveau du quai de la Glacière, impliquant une relocalisation du bateau de la SNSM. En première approche, des discussions ont été engagés pour analyser le stationnement de ce bateau à sa place initiale, au bout du ponton B du port de Plaisance. Ceci devra être confirmé en conseil portuaire, en totale concertation avec les usagers concernés.
      • Les activités de pêche au niveau du quai de la Glacière ne seront que très légèrement impactées ; l’agencement proposé actuellement a été défini avec les professionnels de la pêche et la présence des 2 bateaux de maintenance maintiendrait un linéaire de quai d’environ 60 mètres à destination des bateaux de pêche.
      Où en est sont les négociations concernant l'implantation de la base de maintenance à l'Herbaudière?

      A la demande du conseil départemental de Vendée, la CCI de Vendée mène une concertation avec l’ensemble des usagers portuaires du port de l’Herbaudière quant à la faisabilité de l’implantation des activités de maintenance de la société EMYN. Les discussions avec l’ensemble des acteurs concernées ont débuté en octobre 2017, et les conclusions de cette étude seront rendus par le département à l’occasion de la plénière de l’Instance de Concertation et de Suivi le 9/03/2018.

        L’environnement

        Comment comptez-vous compenser l'impact du parc sur l'environnement?

        La démarche ERC consiste à éviter, réduire ou compenser les impacts potentiels imputés à l’implantation du parc éolien. Les mesures ERC sont pensées dès la conception du projet, elles s’appliquent selon les impacts pendant les phases de construction et d’exploitation jusqu’au démantèlement du parc.

         Le système ERC fonctionne en deux temps :

        • Les impacts sont anticipés pour être évités ou réduits au maximum.
        • Les impacts résiduels persistants à l’issue de la première phase d’application des mesures E et R se divisent en deux catégories :
        • Ils sont de nature « négligeable » à « faible » et ne font pas l’objet de mesure de compensation
        • Ils sont catégorisés comme « moyen » à « fort » et peuvent faire l’objet d’une compensation dans l’hypothèse où une telle mesure est possible à mettre en œuvre. 

         La compensation vise à corriger un déséquilibre causé par l’implantation du parc : la mesure mise en place vise à permettre de neutraliser la déstabilisation causée. 

         3 exemples de mesures ERC :

        • Evitement : Ne pas utiliser de peinture antisalissure (anti-fouling) sur les parties immergées des fondations pour protéger la qualité de l’eau et des sédiments et bénéficier de l’effet récif.
        • Réduction : Effectuer des forages simultanés des pieux de deux fondations jacket afin de réduire le temps de construction et les perturbations.
        • Compensation : Mettre en place des démarches de protection et de préservation des colonies d’oiseaux marins nicheurs (notamment goélands) sur les îles et îlots dans l’aire d’étude éloignée : Mise en œuvre d’opérations de gestion, restauration et préservation (surveillance, sensibilisation) pour un budget de 2 300 000€ sur 20 ans.
        Quel suivi pour ces mesures?

        Le maître d’ouvrage s’engage à effectuer le suivi des mesures pour s’assurer à la fois de l’évolution des impacts environnementaux mais aussi de l’efficacité des mesures adoptées pour y répondre. Ce suivi lancé dès la phase de construction (notamment avec les programmes de suivi acoustique des bruits sous-marins et de suivi aérien par caméra HD) permettra de minimiser en temps réel les impacts potentiels du parc éolien sur son environnement. La réflexion relative à la mise en place d’un Groupement d’Intérêt Scientifique chargé de réaliser le suivi de ces mesures est un engagement pris par  le maître d’ouvrage suite aux débats publics qui se sont tenus à l’été 2015.

        Le parc se verra-t-il depuis la côte ?

        Les enjeux paysagers de l’implantation du parc éolien en mer ont fait l’objet d’une attention particulière par le maître d’ouvrage. Le choix de turbines plus puissantes (8 MW) a permis de réduire le nombre d’éoliennes du parc (62 turbines au lieu de 81 dans l’hypothèse d’une turbine moins puissante de 6MW, ou 100 pour une turbine de 5MW  par exemple). De plus, l’emplacement des turbines dans le parc éolien et leur alignement (5 lignes d’éoliennes au lieu de 8 précédemment) ont notamment été pensés afin de réduire la visibilité du parc depuis le littoral. 

        Les premières éoliennes se trouveront à 11,5km des plages les plus proches de l’île d’Yeu et à 16km de l’île de Noirmoutier. Une série de 63 simulations visuelles a été réalisée sur la côte entre Le Pouliguen (en Loire-Atlantique) et Saint-Hilaire-de-Riez en passant par les îles d’Yeu et de Noirmoutier. Ces simulations visuelles sont en accès libre sur le site internet du projet.

        Quel impact sur les oiseaux ?
        • Les effets potentiels sur les oiseaux :
        • La collision : La majorité des oiseaux marins volent entre 0 et 30 mètres au-dessus du niveau de la mer, ils ne sont pas concernés par le rayon de rotation des pales.
        • L’effet barrière : certaines espèces, migratrices notamment, vont chercher à éviter ou contourner le parc éolien ce qui peut amener à un affaiblissement des individus. Une mesure de suivi spécifique permettra d’apporter des connaissances concrètes en phase d’exploitation, notamment sur le puffin des Baléares.
        • L’effet perte d’habitat : la réaction d’évitement du parc éolien de la part de certaines espèces d’oiseaux pourrait les contraindre à éviter la zone du parc et ainsi à se priver d’une potentielle zone de pêche ou de repos.

         Les impacts :

        La zone du parc évite toutes les aires de forte concentration d’oiseaux et les modélisations de risques de collision indiquent des impacts limités. Les impacts sont globalement faibles pour la majorité des espèces : une seule est concernée par un impact moyen à fort, il s’agit du Goéland marin (impact par collision).

        Les mesures :

        • Les mesures d’évitement et de réduction (éolienne de grande puissance afin d’en réduire le nombre ou de encore de garantir un espacement suffisant entre les lignes d’éoliennes et orienter le parc suivant le sens des courants et des principaux axes de vol des oiseaux) permettent de réduire l’impact potentiel du parc sur l’avifaune.
        • Deux mesures de compensation seront en parallèle mises en place :
          • Préservation et protection d’oiseaux des colonies d’oiseaux marins nicheurs (notamment les Goélands marins)
          • Actions favorable à la reproduction, au stationnement et à l’alimentation d’oiseaux côtiers et migrateurs.
        • Des suivis aériens digitaux permettront un recensement optimisé des oiseaux et des suivis GPS individualisés permettront d’évaluer les impacts concrets du parc sur les populations d’oiseaux.
        Quel impact du parc sur la turbidité de l'eau et l'érosion du trait de côte ?

        L’étude des impacts sur le milieu physique repose en grande partie sur les résultats issus de modélisations hydrodynamiques et hydrosédimentaires : elle conclut que la zone du parc éolien des îles d’Yeu et de Noirmoutier se situe à 88% sur des fonds rocheux (substrat dur), avec une faible couche de sédiments. 

        En phase de construction, l’installation des pieux de fondations par forage va créer une mise en suspension de sédiments et ainsi augmenter le niveau de turbidité de l’eau localement (l’eau va devenir trouble). Cet effet est limité dans l’espace (autour de chaque fondation) et dans le temps (retour à un niveau normal de turbidité en moins de 6 heures). 

        En phase d’exploitation, la présence des fondations du poste électrique en mer et des éoliennes peut engendrer une modification de la vitesse du courant aux abords de la fondation. Cet effet, de faible intensité, s’étend sur une distance maximale de 150 mètres après les fondations, n’impliquant pas d’effet cumulatif d’une éolienne à une autre celles-ci étant espacées de 1000 à 1600 mètres. Compte tenu de l’éloignement de la côte (11,7km au point le plus proche) le parc éolien en mer n’aura pas d’effet sur la dynamique sédimentaire et n’entraînera pas de phénomène d’érosion du trait de côte.

        Qu'est-ce qu'un GIS ? Quand sera-t-il mis en place ?

        Suite au débat public de 2015, le porteur de projet s’est engagé à réaliser des actions en faveur du territoire au sein duquel s’inscrit le projet de parc éolien en mer. Parmi les engagements pris, il a notamment tenu à favoriser le partage des connaissances sur le milieu marin. Afin d’assurer également le suivi des mesures d’évitement, de réduction et de compensation (ERC) prises dans le cadre de son étude d’impact environnemental, la mise en place d’un Groupement d’Intérêt Scientifique (GIS) est prévue. 

        Réunissant des acteurs du monde maritime, des associations environnementales, des experts scientifiques et des services de l’Etat, sa vocation serait multiple :

        • Partager et améliorer la connaissance issue de l’état initial réalisé par EMYN afin de mieux comprendre les effets ainsi que les impacts environnementaux et socio-économiques, de la construction jusqu’au démantèlement ;
        • Etudier en détail la mise en œuvre des mesures ERC envisagées par le maître d’ouvrage et les mener à terme ;
        • Etre le support d’une vulgarisation des travaux scientifiques réalisés autour du parc éolien en mer auprès des usagers et du grand public ;
        • Participer à la réalisation de projets de Recherche & Développement liés aux impacts environnementaux potentiels des parcs éoliens en mer ;
        • Partager ces connaissances largement. 

        A ce stade, le maître d’ouvrage a engagé une réflexion autour de la préfiguration du GIS avec ces acteurs du territoire, afin de matérialiser cet engagement.

        Le câble pourrait être rongé par des animaux marins ? Si oui, quelles seront les conséquences ?

        Le projet sera constitué de 62 éoliennes, chacune raccordée par des câbles électriques sous-marins à un poste de transformation électrique situé en mer. RTE (l’entreprise de service qui gère le réseau public de transport d’électricité haute tension) connectera elle le poste électrique en mer au réseau public situé sur la commune de Soullans. 

        Deux techniques peuvent être mises en œuvre pour la protection des câbles :

        • La technique de l’ensouillage – c’est-à-dire le fait d’enterrer les câbles ;
        • La technique par protection externes. 

        Deux types de câbles: 

        ==> Le câble de raccordement à terre géré par RTE:

        Le maître d’ouvrage (RTE) considère de manière préférentielle la protection par ensouillage. L’ensouillage consiste à placer les câbles dans les fonds marins à une profondeur donnée. Cependant, lorsque la nature du fond marin ne le permet pas, ou bien lorsque l’ensouillage est insatisfaisant, des protections externes peuvent être envisagées. La pose avec protections externes consiste à poser les câbles sur les fonds marins, ces câbles sont ensuite protégés. La protection peut être de plusieurs types :

        • par enrochement : des rochers sont déposés directement sur les câbles ;
        • par des coquilles : chacun des câbles dispose d’une protection externe (diamètre de 50 cm);

         

        ==> Les câbles électriques inter-éoliennes (gérés par Eoliennes en mer îles d’Yeu et de Noirmoutier)

        La majeure partie des câbles serait enrochée en raison de la nature rocheuse du sol. A proximité immédiate des fondations (éoliennes et poste électrique en mer).

        Ces solutions techniques permettent de dire que les câbles ne devraient pas être rongés par des animaux marins.

        Quelles sont les risques de pollution par hydrocarbure (fuites huiles boîtes de vitesse) et produits détergents utilisés pour la maintenance des pales (nettoyage etc.)?

        Dans chaque éolienne Siemens Gamesa 8.0-167 DD il y a approximativement 4530 litres d’huile de lubrification. Les éoliennes sont équipées de plusieurs systèmes de retenues et de récupération des huiles en cas de fuites notamment plusieurs systèmes principaux directement au sein de composants les plus gourmand en huile de lubrification comme l’arbre de la génératrice, le hub ou le système hydraulique ainsi qu’un système de récupération général secondaire en bas de nacelle. Les turbines sont ainsi conçues pour ne pas enregistrer de fuites d’huiles et de composants liquides en dehors de la nacelle.

        Pour le nettoyage des pales nous utilisons un chiffon et de la vapeur d’eau ou de l’alcool isopropylique (ex : nettoyant 3M)

          Les enjeux économiques et le tourisme

          Combien d'emplois seront créés pour la construction des turbines ?

          La fabrication des turbines en France impliquera la création de 750 emplois directs dans les usines d’assemblage du Havre construites par Siemens-Gamesa.

          Qu'avez-vous prévu en termes de formation ?

          La réalisation de ce projet s’accompagnera d’un travail de qualification des entreprises régionales et nationales, d’un plan de formation et d’un soutien à l’insertion professionnelle.

          315 000 heures de formation seront ainsi dispensées à la fois pour les besoins des usines du Havre (230 000 heures) et de ses deux sites de maintenance (85 000 heures) tout au long de la vie du projet. Pour la formation à l’exploitation et la maintenance du parc, le maître d’ouvrage travaille aux côtés des organismes régionaux et des instances nationales pour assurer l’existence de formations en lien avec les exigences et pré-requis de la filière.

          Quels sont vos besoins de sous-traitance ? Comment peut-on devenir sous-traitant ?

          Phase de développement :

           Au cours de la phase de levée des risques, le projet a procédé à la pré-qualification des fournisseurs de gros composants du parc éolien en mer. L’objectif de ce processus de pré-qualification était de confirmer les capacités techniques et industrielles des fournisseurs potentiels. À la fin de cette phase de pré-qualification, plusieurs fournisseurs, y compris des entreprises françaises, étaient pré-qualifiés sur leurs lots respectifs pour participer à la prochaine phase de l’appel d’offres. 

          Dans le cadre du développement de son programme industriel, le maître d’ouvrage et son fournisseur de turbines utilisent la plate-forme CCI Business depuis 2014. Plusieurs appels d’offres et appels à manifestation d’intérêt ont été lancés via cette plate-forme. C’est une opportunité pour le porteur de projet et son fournisseur de turbines :

          • de diffuser de l’information sur les marchés ouverts par le projet,
          • d’identifier les entreprises locales qui, compte tenu de leurs qualifications et de leur compétitivité, pourraient participer aux appels d’offres du projet. Exemples: BRLi, G-Tec. 

          Phase de construction:

          Au cours de la phase de construction, le maître d’ouvrage et son fournisseur de turbines éoliennes auront recours à des contrats EPCI, une pratique courante dans l’industrie offshore. Les fournisseurs EPCI du parc éolien en mer seront tenus de sous-traiter certaines de leurs activités. Nous veillerons à ce que les fournisseurs soient conscients de l’existence de l’offre locale.

          Combien d’entreprises locales/régionales ont déjà travaillé pour vous ? Quel montant d’investissement cela représente-t-il ?

          Depuis l’attribution des projets en 2014, plus de 3/4 des investissements d’EMYN et EMDT ont été réalisés en France pour un montant de 40 millions d’euros environ. Le projet profite déjà à l’économie locale : depuis 2014, des contrats ont été signés avec des entreprises locales dans les domaines suivants : campagnes techniques en mer, études environnementales, campagnes étude halieutique, sorties presse, prestations de communication, etc. 22 entreprises des Pays de la Loire, dont 11 vendéennes, ont travaillé avec EMYN à ce jour.

          Les activités d’exploitation et de maintenance seront-elles ouvertes à l’apprentissage et aux stages ?

          Nous y sommes bien sûr favorables mais il est trop tôt pour apporter une réponse à cette question. Les engagements pris par la société Eoliennes en mer îles d’Yeu et de Noirrmoutier en faveur de l’emploi local correspondent à une volonté d’inclure les processus de formation aux activités d’exploitation. Toutefois, pour des raisons techniques et juridiques nous ne pouvons confirmer aujourd’hui la possibilité d’accueillir des apprentis et stagiaires qui ne seraient pas détenteurs de toutes les certifications et autorisations nécessaires.

          Quelles formations faut-il suivre pour travailler sur un parc éolien en mer ? Où les trouve-t-on ?

          Il existe de nombreuses formations pré et post-bac correspondant aux différents métiers de l’exploitation d’un parc éolien en mer en Pays de la Loire :

          • L’IUT de Saint-Nazaire délivre une licence COMO : Chef d’Opération à la maintenance Offshore
          • Le Greta du Maine forme un public adulte à la maintenance éolienne (plutôt orientée terrestre mais avec un lien fort avec l’IUT de Saint-Nazaire).
          • L’Ecole Nationale Supérieure de la Marine de Nantes (ENSMN) a ouvert en septembre 2016 un master DMO (Déploiement de la Maintenance Offshore).
          • Le lycée Saint-François d’Assise à la Roche-sur-Yon a ouvert en septembre 2015 un BTS Maintenance des Systèmes Industriels option éolien.
          • Le lycée Eric Tabarly aux Sables d’Olonne dispose d’une éolienne à titre pédagogique et délivre notamment des formations professionnelles (Bac Pro) en lien avec la maintenance maritime.

          EMYN travaille avec l’ensemble de ces établissements et a signé en particulier un partenariat avec l’IUT de Saint-Nazaire et le Greta du Maine

          Faudra-t-il des certifications particulières pour être embauché comme technicien de maintenance ?

          Deux certifications nécessaires ont été identifiées pour le poste de technicien de maintenance. Il s’agit des certifications BOSIET (sécurité en mer) et GWO (éolien). Ces formations peuvent être suivies en France, leur durée est variable (entre quelques jours et une dizaine de semaines).

          Il est important de noter qu’un bon niveau d’anglais est également requis

          Quelles sont les possibilités de reconversion pour les marins-pêcheurs ?

          Des postes seront créés pour les activités de transport maritime entre la base de maintenance et le parc éolien en mer. Par exemple, des postes de capitaine de navire de servitude ou de marin. Pour ces postes, comme pour les postes de techniciens de maintenance, certaines certifications pourront être demandées, ainsi que la maîtrise courante de l’anglais.

          Ces postes seront donc ouverts à toute personne ayant les compétences et les diplômes / habilitations nécessaires. Il est possible que certains marins pêcheurs ayant ces compétences ou souhaitant les acquérir souhaitent rejoindre notre activité. Ils disposent d’ailleurs d’atouts pour rejoindre nos équipages. Mais notre objectif n’est pas d’aller débaucher activement les marins pêcheurs en activité. Nous allons principalement nous appuyer sur les filières de formations de marins qui existent en Pays de la Loire pour embaucher des jeunes pour une grande partie des équipages.

          Quel sera l'impact du parc sur le tourisme ? Sur l'immobilier ?

          Immobilier :

          Dans le cadre de l’étude d’impact environnemental, un état initial du secteur de l’immobilier a été réalisé sur les territoires. Le maître d’ouvrage réalisera une évaluation de l’évolution du prix de l’immobilier après l’implantation du parc éolien. Le nombre de facteurs rentrant en compte dans le calcul du prix de l’immobilier étant trop important et difficilement isolables, le maître d’ouvrage n’a pu proposer de modélisation de l’évolution des prix liée exclusivement à l’implantation d’un parc éolien en mer. Toutefois, les retours d’expérience des parcs éoliens en mer à l’étranger n’ont pas mis en évidence d’impact significatif sur le prix de l’immobilier.

          Tourisme :

          Le porteur de projet a commandé une étude indépendante d’experts du tourisme visant à évaluer les conséquences de l’implantation d’un parc éolien en mer. Les résultats de cette étude feront l’objet d’un partage, d’abord avec les professionnels du secteur puis avec le grand public, dans le respect du cadre du processus de concertation. Un atelier tourisme est dans ce cadre organisé en mars 2018. Les retours d’expérience des parcs éoliens en mer à l’étranger font état d’un impact négligeable pour le tourisme. La possibilité de développer un tourisme industriel autour du parc éolien constitue même une opportunité de croissance pour le secteur touristique.

          Qu'est-ce que la taxe éolienne ? Qui la touche ?

          Les sociétés en charge d’exploiter des parcs éoliens en mer sont soumis à une taxe, dont le montant et les modalités sont fixés par le Code général des impôts (articles 1519 B et 1519 C).

          Calculée sur le nombre de mégawatts (MW) installés (496MW pour le projet de Dieppe et Le Tréport), son montant évolue au rythme de l’indice de valeur du PIB. Cette taxe est due chaque année d’exploitation du parc à compter de l’année suivant sa mise en service. Elle est reversée selon la répartition suivante :

          • 50 % du produit de cette taxe seront affectés aux communes littorales d’où les installations sont visibles, dans une limite de 12 milles marins (22,22 kilomètres).
          • 35 % seront affectés aux comités des pêches professionnelles pour le financement de projets concourant à l’exploitation durable des ressources halieutiques :

           – 15 % au profit du Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM) ;

           – 20 % pour les Comités régionaux des pêches maritimes des Pays de la Loire (COREPEM);

          • 10 % seront affectés, à l’échelle de la façade maritime, au financement de projets concourant au développement durable des autres activités maritimes (dont 5% reversés à l’Agence Française pour la Biodiversité.)
          • 5 % seront affectés aux organismes de secours et de sauvetage en mer.

          Rappel : les communes éligibles pour la taxe spécifique à l’éolien en mer ainsi que le montant exact qui leur sera alloué seront déterminés par les services fiscaux.

          Le montant versé aux communes littorales est fonction de deux variables :

          • La distance de cette commune par rapport à la première éolienne visible ;
          • La population INSEE de la commune par rapport à la population cumulée de toutes les communes bénéficiant de la taxe.

          À titre d’illustration, cette taxe représente aujourd’hui un potentiel de retombées fiscales annuelles d’environ 7,5 millions d’euros, dont 1,5 vers la pêche locale.

            La pêche

            La pêche sera-t-elle interdite dans le parc ?

            Les conditions de navigation au sein du parc ont été évoquées au cours de commissions nautiques locales et de la grande commission nautique, organe de concertation des usagers de la mer, au cours du deuxième semestre 2017. La CNL et la GCN ont toutes les deux confirmées la possibilité de pêcher au sein du parc éolien en mer. La décision finale quant aux autorisations de navigation reviendra ensuite à la préfecture maritime de l’Atlantique.

            Quelles sont les compensations prévues pour les pêcheurs ?

            L’activité de pêche sera surtout impactée lors des travaux de construction : EMYN s’est engagé à compenser intégralement les impacts avérés. Pendant la phase d’installation du parc éolien en mer, EMYN s’est engagé à libérer au moins 30% de la surface du parc pour les activités de pêche professionnelle.

            Une mesure de compensation financière est prévue en phase travaux pour les professionnels de la pêche impactés par le chantier. Son montant a été évalué par le RICEP (bureau d’étude spécialisé dans l’économie maritime et spécifiquement dans la pêche) et partagé avec les représentants de la pêche professionnelle.

            Quels ont été les apports du changement du schéma d'implantation ?

            Le maître d’ouvrage a proposé un nouveau schéma d’implantation des turbines et des câblages sous-marins en 2016. Le nouveau schéma d’implantation des éoliennes et des câbles au sein du parc comprend les modifications suivantes :

            • Des couloirs plus larges pour faciliter le passage des bateaux de pêche ; c’est un changement important du point de vue de la sécurité de la navigation au sein du parc.L
            • Les éoliennes sont alignées de façon claire et régulière : un impact moindre sur la navigation et le paysage.
            • Le passage de 8 à 5 lignes d’éoliennes.
            Comment se passe une opération de sauvetage d’un bateau dans le parc ?

            En France, les Préfets Maritimes sont, sur chaque façade maritime, l’autorité compétente pour les actions de sécurité et de sauvetage. Ils s’appuient, pour la coordination opérationnelle, sur les Centres Régionaux Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage (CROSS). Le CROSS Etel est le CROSS compétent pour la zone de projet puisque son autorité est établie sur toute le golfe de Gascogne. Il dépend du Préfet Maritime de l’Atlantique situé à Brest et des Directeurs Interrégionaux de la Mer. 

            Le plan « ORSEC Maritime » est un outil qui décrit la gestion de l’urgence maritime. Dans le cas du projet de parc éolien des îles d’Yeu et de Noirmoutier, c’est le plan ORSEC Atlantique qui s’applique. Ce dispositif détermine l’organisation des secours et des interventions en mer en matière de sécurité civile. Les risques y sont enregistrés en premier lieu afin de prévoir la réponse en cas d’événement. Ainsi, un parc éolien en mer doit être identifié dans le plan ORSEC Maritime. C’est ainsi qu’un Plan d’Intervention Maritime (PIM) spécifique au parc éolien sera élaboré par le maître d’ouvrage, en lien étroit avec la Préfecture Maritime Atlantique et le CROSS Etel (sous réserve de la validation de la Préfecture maritime). Intégré au plan ORSEC Maritime Atlantique, il décrira, pour chaque risque identifié en phases de construction, d’exploitation et de démantèlement du parc éolien, la réponse adaptée et l’organisation des secours correspondante. 

            Dès lors qu’un homme tombe à la mer ou se blesse sur un navire, la prise en charge de celui-ci doit être identique, peu importe qu’il se trouve à l’intérieur d’un parc éolien ou non. Si l’urgence l’ordonne, le dispositif ORSEC Atlantique pourra être déclenché. Une intervention par hélicoptère peut être envisagée, sous réserve d’un arrêt d’urgence des éoliennes et la mise en position « Y » des pales. Ce cas de figure est similaire aux interventions habituelles effectuées par les hélicoptères de la Sécurité civile et de la Marine nationale. De plus, le maître d’ouvrage étudie les possibilités d’installer des plateformes pour naufragé accessible par échelle au bas de chaque éolienne ainsi que des stations d’hélitreuillage sur chaque nacelle et sur la sous-station électrique en mer. 

            S’il apparaît évident, dès lors que l’urgence maritime l’ordonne, que les moyens d’intervention et de sauvetage des CROSS et de la SNSM doivent pouvoir traverser le parc éolien, les modalités de ces interventions restent à définir, en prenant compte des contraintes liées au parc. Un groupe de travail spécifique à la sécurité maritime et piloté par la Préfecture maritime se réunit régulièrement sur ce sujet depuis 2015. Il regroupe les usagers du monde de la mer et le Maître d’ouvrage. La décision finale quant à la possibilité de navigation à l’intérieur du parc éolien reviendra à la Préfecture maritime.

              L’énergie

              Comment expliquez-vous que le tarif de rachat de l’électricité du offshore en France soit à 200€/MWh alors qu’ailleurs en Europe les niveaux sont bien plus faibles ?

              Le lancement des premiers appels d’offres éolien en mer nationaux en 2011 et 2013 visait non seulement à permettre la transition énergétique par l’implantation d’unités puissantes de production d’électricité renouvelable mais également à développer une nouvelle filière industrielle créatrice d’emplois, afin de rattraper ses voisins européens sur ce terrain. 

              L’éolien en mer est une filière industrielle en phase de développement dont le coût de production est encore relativement élevé. Les coûts de l’éolien en mer sont principalement issus des montants des investissements à réaliser pour le développement et l’installation de parcs (80% du coût total) et des coûts d’exploitation (20%). Le coût des fondations, des infrastructures électriques et les moyens logistiques de pose en mer sont les principaux facteurs expliquant le coût de l’éolien en mer. 

              Il faut bien souligner que les écarts de prix importants constatées actuellement entre la France et l’Europe du Nord (cf. Kriegers Flak attribué à 49,90€ ou Borssele 3 et 4 attribués 55€) sont dus : 

              à des différences de procédures :

              • Les pays voisins de la France proposent des appels d’offres « clés en main », où l’Etat prend en charge la concertation, les autorisations administratives et le raccordement, sous-station comprise ; en France c’est le développeur qui engage les frais pour l’ensemble de ces étapes.
              • En France, les obligations des porteurs de projet en termes de concertation publique sont plus contraignantes et impactent les calendriers et budgets de développement des projets : concertation en amont des appels d’offres, débats publics sous l’autorité de la Commission Nationale du Débat Public, Enquête publique, etc. 

              à des différences liées aux sites concernés :

              • Les parcs français sont globalement implantés dans des eaux plus profondes que les fermes de la mer du Nord, ce qui entraîne un surcoût à la construction.
              • Les caractéristiques en termes de marnage (marées), vitesse des courants et nature des fonds marins, particuliers sur les sites français peuvent aussi engendrer des surcoûts.
              • Les caractéristiques en termes de ressource en vent varient également d’une région à l’autre. 

              à des différences de périmètre, en particulier concernant le raccordement (ligne RTE et sous-station électrique) 

              à la prise en compte de critères différents dans le rendu des offres :

              • Le porteur de projet de Kriegers Flak, en proposant ce prix faible, mise sur le développement d’une nouvelle génération de turbines, plus puissantes, d’ici à la mise en service du parc éolien en mer. Les réponses au second appel d’offre national éolien en mer français ont été formulées en 2013-2014, soit il y a presque 4 ans, dans un contexte différent. Les offres actuelles prennent en compte des paramètres qui évoluent sans cesse : la taille des machines, les évolutions techniques en termes de conception des turbines et de transport de l’électricité, existence de nouveaux moyens mobilisables pendant la phase de construction (bateaux-chantiers de type jack-up)…
              • Le choix de la fondation en structure métallique dite « jacket » résulte d’une prise en compte de critères environnementaux. En comparaison avec la technologie de fondation mono-pieu, moins chère, les fondations en structure métallique permettent de réduire l’emprise sur les fonds marins réduisant l’impact environnemental des turbines. L’utilisation de fondations « jacket » permet aussi de développer un effet récif : les fondations deviennent un récif artificiel dans lequel la faune et la flore marine peut s’installer.
              • En lançant ses appels d’offre, l’Etat français a souhaité impulser le développement d’une nouvelle filière de l’éolien en mer en France. En 2012 et 2014, les offres des porteurs de projet proposaient notamment un plan industriel français.
              • De même, des infrastructures portuaires doivent être payées par les porteurs de projets et les conditions de maintenance des projets ne sont pas aussi compétitives de par la faible maturité de cette filière industrielle en France. 

              Une fois les premiers parcs éoliens installés et la filière industrielle mature, les groupes industriels pourront réaliser des économies d’échelle leur permettant de réduire ces coûts. 

              • C’est pour soutenir le développement des énergies renouvelables que l’Etat a mis en place (outre le système d’appels d’offres), des tarifs d’achat de l’électricité garantis sur 20 ans. Ainsi, les tarifs d’achat « ont vocation à assurer une rentabilité normale aux investissements de production d’électricité d’origine renouvelable ». Le niveau de prix auquel l’acheteur doit racheter l’électricité renouvelable est fixé par arrêté ministériel. Cette obligation d’achat par EDF et les entreprises locales de distribution s’inscrit dans le cadre des missions de service public qui leur échoient.
              • Les coûts liés au développement de cette filière sont presque entièrement réinjectés dans les économies locales (équipements produits en France ou en Europe). Elle permet par ailleurs d’assurer l’indépendance énergétique française grâce à une limitation des importations de combustible.
              • Par ailleurs, les sociétés en charge d’exploiter des parcs éoliens en mer sont soumis à une taxe, dont le montant et les modalités sont fixés par le Code général des impôts (articles 1519 B et 1519 C)

              ==> Calculée sur le nombre de mégawatts (MW) installés (496MW pour chacun de nos deux projets), son montant évolue au rythme de l’indice de valeur du PIB. Cette taxe est due chaque année d’exploitation du parc à compter de l’année suivant sa mise en service. À titre d’illustration, cela représente aujourd’hui un potentiel de retombées fiscales annuelles d’environ 7,5 millions d’euros, dont 50% fléchés vers les communes littorales d’où les installations sont visibles (dans une limite de 12 miles marins).

              La Contribution au Service Public de l’Electricité (CSPE) fait-elle payer au particulier les coûts de l’éolien en mer ?

              Le surcoût pour EDF Obligation d’Achat induit par l’obligation d’achat de l’électricité d’origine renouvelable instaurée par l’Etat est répercuté sur la facture d’électricité des consommateurs via la Contribution au Service Public de l’Electricité (CSPE).

              Proportionnelle au nombre de kWh consommés, la CSPE finance notamment la péréquation tarifaire, le tarif de première nécessité et le développement des énergies renouvelables. En 2015, 15,2% de la CSPE était destiné au financement de l’éolien. On ne peut donc imputer l’augmentation générale de la CSPE au seul développement de l’éolien en mer. 

              Par ailleurs, le coût de l’électricité ne prend actuellement pas en compte le coût de démantèlement des centrales nucléaires. Si le coût de l’énergie nucléaire comme des énergies fossiles est donc amené à augmenter dans les années à venir, celui des énergies renouvelables, au contraire, se réduit à mesure des nouvelles avancées technologiques et des investissements massifs en cours qui permettront notamment de réaliser d’importantes économies d’échelle. A noter également que le coût intégral du démantèlement du parc éolien en mer des îles d’Yeu et de Noirmoutier est, lui, d’ores et déjà provisionné dans le budget global du projet.

              Peut-on gérer la variabilité de la ressource?

              La production d’électricité éolienne est en effet intermittente par nature, car dépendante des conditions météorologiques. L’équilibre offre-demande de l’électricité est assuré par l’intermédiaire de la société Réseau de Transport d’Electricité (RTE). Chaque jour, RTE veille à ce que la production d’électricité soit égale à la demande pour que les consommateurs soient alimentés 24h sur 24h. 

              Dans le cas de l’énergie éolienne, l’intermittence peut-être régulée par le stockage de l’électricité ou par recours à d’autres sources d’énergies non intermittentes.  

              RTE utilise les prévisions météorologiques pour intégrer efficacement la production éolienne sur le réseau et abaisser la puissance des centrales thermiques d’ajustement lorsque le vent se lève. RTE dispose ainsi d’un modèle de prévision de production basé sur les prévisions Méteo France de vent qui lui permet d’anticiper ces variations. 

              RTE peut par ailleurs avoir recours à d’autres moyens de production disponibles, auxquels elle fait appel par ordre de coût croissant pour combler les écarts. Plus précisément, si la production éolienne à un endroit du territoire faiblit ou augmente, le réseau RTE compense en acheminant l’électricité par d’autres moyens de production d’électricité disponibles. Les sources d’énergies électriques non-renouvelables comme les énergies fossiles (gaz, charbon et pétrole), l’énergie nucléaire ou l’énergie renouvelable hydraulique sont capables de produire plus en cas de pic de consommation (en hiver) et peuvent être mises à l’arrêt en période de consommation électrique basse (en été). 

              Le stockage de l’électricité provenant de l’énergie éolienne est à ce jour encore en cours d’expérimentation et trop coûteux pour être utilisé à grande échelle. Néanmoins, la recherche se poursuit dans ce domaine et plusieurs solutions de stockage d’énergie sont aujourd’hui à l’étude et en voie de développement (stockage sous forme d’hydrogène ou d’air comprimé, nouvelles technologies de batteries, condensateurs…). Il existe toutefois une forme de stockage ancienne et éprouvée : le pompage des centrales hydrauliques qui utilisent les surplus d’énergie d’origine renouvelable pour pomper l’eau de bassins bas vers des bassins situés en hauteur, cette masse d’eau étant ensuite utilisée pour faire tourner les turbines des barrages et produire de l’électricité en période de pic de consommation (en redescendant vers les bassins bas). Le projet de Dieppe-Le Tréport participe d’ailleurs à un programme de recherche visant à évaluer la faisabilité technique et économique d’une plateforme de transformation de l’énergie éolienne sous forme d’hydrogène. 

              Pour plus d’informations sur l’équilibre offre-demande et la répartition des différents moyens de production, vous pouvez consulter le site internet suivant : http://www.rte-france.com/fr/eco2mix/donnees-en-energie

              Sur le littoral nord atlantique et méditerranéen existe-t-il déjà d'autres projets ou parc éolien "en mer" en activité ?

              De nombreux parcs sont déjà implantés et en fonctionnement au large des côtes de nos voisins européens. La majorité d’entre eux se situent en mer Baltique et en mer du Nord. Le premier parc éolien en mer a d’ailleurs été construit en 1991 au Danemark et a été démantelé en 2017. Actuellement le Royaume-Unis est le premier pays européen en termes de capacité pour l’ensemble des installations, devant le Danemark. Fin 2016, 3589 éoliennes en mer étaient ainsi reliées au réseau électrique européen.

              Pourquoi ne pas plutôt faire de l’éolien flottant ?

              L’appel d’offre lancé par l’Etat français en 2013 et pour lequel la société Eoliennes en Mer îles d’Yeu et de Noirmoutier (EMYN) a été désignée lauréate en 2014, concernait uniquement l’implantation d’éoliennes en mer. Aussi, au titre de cet appel d’offre, aucune autre technologie ne peut être installée au sein de la zone concernée.

              Toutes les éoliennes terrestres sont-elles raccordées électriquement, un moteur les fait-elles parfois tourner ?

              Les  éoliennes en attente de raccordement ne sont pour la plupart pas encore installées. En général on utilise cette expression pour parler des projets de parcs éoliens encore non installés qui s’ajouteront au réseau dans les années à venir. Le gestionnaire de réseaux a expliqué, dans un article du Monde daté du 15 avril 2017, que les démarches pour faire raccorder les parcs étaient faites « bien avant que les éoliennes soient construites » et que « si vous voyez une éolienne qui tourne, elle est raccordée. ». En effet, selon ERDF, 70% des éoliennes sont raccordées avant même la fin de leur installation et une éolienne produit de l’électricité sur le réseau en moyenne un mois après. Il en va de même pour les éoliennes en mer. 

              La loi relative à la transition énergétique a modifié l’article L. 342-3 du code de l’énergie, en limitant à 18 mois les délais de raccordement pour les énergies renouvelables et en prévoyant que le non-respect de ces délais « peut donner lieu au versement d’indemnités selon un barème fixé par décret en Conseil d’État ». Un projet de décret a été soumis au Conseil d’État afin de préciser les conditions d’indemnisation en cas de retard du raccordement des projets d’énergies renouvelables en mer raccordées en haute ou très haute tension.  Le raccordement des énergies renouvelables au réseau électrique est donc obligatoire. 

              Concernant le fonctionnement des éoliennes terrestres, je vous invite à aller sur les sites des fabricants d’éoliennes pour connaître les composantes de leurs éoliennes terrestres (Exemples : Vestas, Enercon, etc.).Si une éolienne ne tourne pas, elle ne produit pas d’électricité et l’exploitant n’a donc pas d’électricité à vendre. Un exploitant éolien n’aurait donc aucun intérêt économique à installer des éoliennes qui ne tourneraient pas grâce au vent et qui utiliseraient de l’électricité au lieu d’en produire.

                Retrouvez les compte-rendus des ateliers et des réunions organisés par l’équipe du projet
                dans la rubrique “Le dialogue autour du projet”

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