Les enjeux environnementaux

La zone proposée pour l’implantation du parc présente des enjeux environnementaux. L’objectif est de

Heos Marine

développer un parc respectueux de l’environnement naturel et des activités humaines en :

 

  • préservant les écosystèmes
  • prenant en compte des impacts paysagers
  • conciliant le parc avec les différents usages de la mer (pêche professionnelle, plaisance, tourisme)

 

 

Etude d’impact et mesures

Le projet est soumis à une étude d’impact sur l’environnement, conformément aux articles L. 122-6 du Code de l’Environnement. Cette étude a été remise aux services de l’Etat en mai 2017 et fait partie intégrante des demandes d’autorisations relatives au parc éolien en mer et à son raccordement à terre.

Eviter, réduire ou compenser l’impact sur l’environnement

La démarche ERC consiste à éviter, réduire ou compenser les impacts potentiels imputés à l’implantation du parc éolien. Les mesures ERC sont pensées dès la conception du projet, elles s’appliquent selon les impacts pendant les phases de construction et d’exploitation jusqu’au démantèlement du parc.  Le système ERC fonctionne en deux temps :

  • Les impacts sont anticipés pour être évités ou réduits au maximum.
  • Les impacts résiduels persistants à l’issue de la première phase d’application des mesures E et R se divisent en deux catégories :

-Ils sont de nature « négligeable » à « faible » et ne font pas l’objet de mesure de compensation

-Ils sont catégorisés comme « moyen » à « fort » et peuvent faire l’objet d’une compensation dans l’hypothèse où une telle mesure est possible à mettre en œuvre.

La compensation vise à corriger un déséquilibre causé par l’implantation du parc : la mesure mise en place vise à permettre de neutraliser la déstabilisation causée.

3 exemples de mesures ERC
  • Evitement : Ne pas utiliser de peinture antisalissure (anti-fouling) sur les parties immergées des fondations pour protéger la qualité de l’eau et des sédiments et bénéficier de l’effet récif.
  • Réduction : Effectuer des forages simultanés des pieux de deux fondations jacket afin de réduire le temps de construction et les perturbations.
  • Compensation : Mettre en place des démarches de protection et de préservation des colonies d’oiseaux marins nicheurs (notamment goélands) sur les îles et îlots dans l’aire d’étude éloignée : Mise en œuvre d’opérations de gestion, restauration et préservation (surveillance, sensibilisation) pour un budget de 2 300 000€ sur 20 ans.

Focus sur 4 grandes thématiques environnementales du projet


Les oiseaux marins ou avifaune marine

Fou de Bassan © Fotolia

Un certain nombre d’espèces d’oiseaux est présent différents moments de l’année sur la zone du projet et ses alentours.

Les effets potentiels
  • L’effet collision : seules quelques espèces seront concernées. La majorité des oiseaux marins volent entre 0 et 30 m
    au-dessus du niveau de la mer, sous le rayon de rotation des pales.
  • L’effet barrière : certaines espèces, migratrices notamment, vont chercher à éviter ou à contourner le parc éolien, ce qui peut amener à un affaiblissement des individus. Une mesure de suivi spécifique permettra d’apporter des connaissances concrètes en phase d’exploitation, notamment sur le puffin des Baléares.
  • L’effet perte d’habitat : la réaction d’évitement du parc éolien de la part de certaines espèces d’oiseaux pourrait les contraindre à éviter la zone du parc et ainsi à se priver d’une potentielle zone de pêche ou de repos.
Les impacts

La zone du parc évite les aires de forte concentration d’oiseaux et les modélisations de risques de collision indiquent des impacts limités. Les impacts sont globalement faibles pour la majorité des espèces : une seule est concernée par un impact moyen à fort, il s’agit du Goéland marin (impact par collision).

Les mesures
  • Des mesures d’évitement et de réduction permettent de réduire l’impact potentiel du parc sur l’avifaune :
    – Utiliser une éolienne de grande puissance afin d’en réduire le nombre.
    – Garantir un espacement suffisant entre les lignes d’éoliennes.
    – Orienter le parc suivant le sens des courants et des principaux axes de vol.
  • Deux mesures de compensation seront en parallèle mises en place :
    – Préservation et protection des colonies d’oiseaux marins nicheurs (notamment les Goélands marins).
    – Actions favorables à la reproduction, au stationnement et à l’alimentation d’oiseaux, côtiers et migrateurs.
  • Des mesures de suivis aériens digitaux permettront un recensement optimisé des oiseaux, et des suivis
    GPS individualisés, rajoutés sur certaines espèces, permettront d’évaluer les impacts avérés du parc sur les
    populations d’oiseaux.

 

Le milieu physique

L’étude des impacts sur le milieu physique conclut que la zone du parc éolien des Îles d’Yeu et de Noirmoutier se situe à 88% sur des fonds rocheux (substrat dur), avec une faible couche de sédiments.

En phase de construction

L’installation des pieux de fondations par forage va créer une mise en suspension de sédiments et ainsi augmenter localement le niveau de turbidité de l’eau (l’eau va devenir plus trouble). Cet effet est limité dans l’espace (au maximum 500 m autour de chaque fondation) et dans le temps (retour à un niveau de turbidité naturelle en moins de 6 heures).

En phase d'exploitation

la présence des fondations du poste électrique en mer et des éoliennes peut engendrer une modification de la vitesse du courant aux abords de la fondation. Cet effet, de faible intensité, s’étend sur une distance maximale de 150 m après les fondations, n’impliquant pas d’effet cumulatif d’une éolienne à une autre puisque celles-ci sont espacées de 1 000 à 1 600 m. Compte tenu de l’éloignement de la côte (11,7 km au plus proche), le parc éolien en mer n’aura pas d’effet sur la dynamique sédimentaire et n’entraînera pas de phénomène d’érosion du trait de côte.

La qualité de l'eau

Jusqu’ici, la solution de protection des fondations contre la corrosion retenue consistait en la dissolution des anodes sacrificielles, composées essentiellement d’aluminium, placées sur les fondations. Si les anodes sacrificielles sont une technologie éprouvée et largement répandue, les dernières innovations techniques ont permis au maître d’ouvrage de lui préférer un système de protection par courant imposé, qui permettra d’éviter le rejet de métaux dans l’environnement.

 

Les mammifères marins

Dauphins communs © Fotolia

Différentes espèces de mammifères marins sont présentes sur la zone. Les perturbations pour ces espèces seront limitées à la phase de construction.

Les effets potentiels

Les mammifères marins tels que les dauphins sont sensibles aux bruits : ils utilisent l’écholocation (il s’agit d’émettre un
signal sonore en direction d’une proie ou d’un obstacle et d’en capter l’écho) pour se déplacer et chasser. C’est pendant la
phase de construction du parc éolien, notamment durant les travaux d’installation des fondations des éoliennes, que les
impacts seront les plus importants.

Les impacts
  • En phase de construction : la technique utilisée pour installer les fondations, par forage pour ancrer les pieux des fondations jacket, sera peu bruyante et engendrera des perturbations très limitées sur ces espèces.
  • En phase d’exploitation : les bruits générés par les éoliennes en fonctionnement seront très faibles et donc très peu perçus par les mammifères marins qui pourront continuer à transiter et chasser au sein de la zone.
Les mesures

Afin de réduire tout risque d’atteinte sur les individus durant les travaux, un suivi acoustique et visuel en temps réel sera déployé afin de s’assurer de l’absence de mammifères marins à moins de 200 m des points de forage.
En phase d’exploitation, le suivi aérien digital ainsi qu’un suivi acoustique permettront de suivre l’évolution des populations et de confirmer les faibles perturbations induites par la présence des éoliennes.

 

Le paysage

La zone du projet se situe en son point le plus proche à 11,7 km de l’Île d’Yeu et à 16,5 km de l’Île de Noirmoutier. Dans le cadre de l’évaluation des impacts visuels du parc éolien depuis les îles et la côte, deux principaux outils ont été utilisés :

  • Les photomontages : une série de 63 simulations visuelles a été réalisée depuis les deux îles ainsi que sur la côte du Pouliguen au nord jusqu’à Saint-Hilaire-de-Riez au sud. Ces simulations visuelles sont consultables sur le site internet du projet.
  • La “Cartographie Approfondie de Visibilité des Éoliennes” (CAVE) permet d’obtenir une carte de l’impact visuel du parc en fonction de sa configuration et du positionnement de l’observateur.

 

EMYN

 

 

 

 

 

 

 

L’impact visuel du parc éolien sera plus important depuis la façade nord de l’Île d’Yeu et la façade ouest de l’Île de Noirmoutier, entre L’Herbaudière et La Guérinière. Le choix d’une éolienne de grande puissance (8 MW) afin d’en réduire le nombre (62 éoliennes au lieu de 83 dans l’hypothèse d’une turbine de 6 MW) ainsi que la modification de la disposition des éoliennes ont permis d’améliorer l’insertion paysagère du projet.

L'impact visuel de nuit

EMYN se réjouit des récentes avancées en la matière (balisage fixe sur la moitié des éoliennes de chaque parc) et poursuit les discussions avec la Direction Générale de l’Aviation Civile pour réduire encore cet impact visuel, notamment en limitant le nombre d’éoliennes équipées d’un balisage lumineux nocturne.