Un an de mesures de vent : et maintenant ?

28/09/2016 | Le projet

Eoliennes en Mer Iles d’Yeu et de Noirmoutier (EMYN) mène depuis un an des mesures de vent sur le site du parc éolien en mer, grâce aux LiDAR flottants développés par la société AXYS UE. Entretien avec Rita Pedreira, représentante de cette société.

Photo présentant un LiDAR flottant qui permet de mesurer très précisément la direction et l’intensité du vent dans la zone du parc éolien en mer, grâce à un laser à effet dopler.

Photo prise lors de la maintenance d’un parc éolienne en mer ( Îles d’Yeu et de Noirmoutier)

Rita Pedreira, votre entreprise réalise des mesures de vent au moyen de LiDARS flottants… Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur cet outil ?

Le LiDAR flottant est une bouée équipée d’un appareillage qui permet de mesurer très précisément la direction et l’intensité du vent dans la zone du parc éolien en mer, grâce à un laser à effet dopler. Le LiDAR mesure le vent à plusieurs hauteurs, et notamment à la hauteur du rotor de l’éolienne, ce qui permet ensuite à EMYN d’évaluer avec exactitude la production d’énergie future du parc. Il est placé sur une bouée flottante, qui en fait une technologie plus compétitive au niveau économique, mais aussi plus respectueuse des fonds marins, car elle ne nécessite pas d’installation fixe sur le fond marin.

 Quels sont les défis liés à ce type de mesures ?

Les parcs éoliens sont construits dans des zones où le vent est très fort : nous devons donc attendre que les conditions météos soient bonnes pour effectuer nos opérations en toute sécurité (déploiement, maintenance et récupération de la bouée). C’est le cas dans la zone du parc éolien des îles d’Yeu et de Noirmoutier. Pour installer et récupérer la bouée, nous sommes obligés d’étudier la météo tous les jours pour trouver une fenêtre pendant laquelle nous pouvons agir. Souvent, les vagues sont très hautes, les vents sont très forts : la météo ne nous aide pas !…

Ces conditions difficiles impactent aussi la vie de la bouée déployée en mer. Le LiDAR est donc installé dans une structure robuste pour faire face aux conditions météorologiques très difficiles en mer et assurer une mesure du vent sans interruption, quelles que soient ces conditions.

Pourquoi et comment procédez-vous à la maintenance du LiDAR ?

Le milieu marin (le sel, les vagues etc.) abîme la structure de la bouée, ses antennes et le matériel qu’elle porte. Nous avons donc besoin de procéder à une maintenance annuelle pour faire des inspections, des tests, réparer les failles, etc. Par exemple, lorsque l’on récupère la bouée, nous devons nous assurer que le mouillage (la chaîne qui relie la bouée à l’ancre) est en bon état… sous peine que la bouée se détache et dérive s’il est trop abîmé !

La maintenance annuelle est réalisée au port de Saint-Nazaire, ce qui nous permet d’effectuer nos opérations dans un milieu moins dangereux qu’en mer. Elle dure entre 2 et 5 jours, puis la bouée est prête à être redéployée pour une nouvelle année de mesures.

Quel est votre bilan de l’année de mesures de vent écoulée ?

Nous sommes très satisfaits : sur un an, nous avons mesuré le vent pendant 98% du temps, malgré une météo difficile (des vagues atteignant jusqu’à presque 8 mètres de haut !). C’est un vrai succès.

Quelles synergies observez-vous entre AXYS et la société Eoliennes en Mer Iles d’Yeu et de Noirmoutier ?

Nous apportons à EMYN notre grande expérience dans ce métier : nous avons déjà réalisé 17 campagnes de mesures de vent en mer en Amérique du Nord, en Europe et en Asie. Actuellement, 7 projets de parcs éoliens en mer de grande ampleur utilisent notre technologie FLiDAR pour évaluer la production d’énergie de leurs parcs. Le LiDAR flottant est un outil extrêmement fiable car il est conçu pour effectuer des mesures sans interruption, quelles que soient les conditions météorologiques.

En échange, nous bénéficions de l’expertise d’EMYN dont les ingénieurs travaillent de façon très suivie avec nous, notamment sur les questions de sécurité en mer et d’évaluation énergétique. Cette dynamique nous pousse à constamment améliorer nos opérations en mer.

Au niveau de la récolte et de l’analyse des données de vent par exemple, l’expert d’EMYN en évaluation énergétique revoit tous nos rapports et nous conseille pour que nous adaptions notre technologie à ce dont il a besoin pour effectuer ses études de production d’énergie et de caractérisation de la zone où sera implanté le parc.

Aussi, lorsque l’on organise une opération en mer, les ingénieurs d’EMYN nous aident à évaluer les risques et les opportunités pour que toutes les  activités s’effectuent dans les meilleures conditions de sécurité pour nos équipes et soient aussi compatibles avec les autres usages maritimes.

Et enfin, nous nous appuyons aussi sur la présence locale d’EMYN pour sous-traiter l’utilisation de bateaux, car AXYS ne possède pas de bateaux propres. La France disposant d’encore assez peu d’entreprises travaillant dans les activités en mer de ce type, c’est l’équipe d’EMYN qui nous met plus facilement en relation avec les acteurs locaux du secteur maritime pour que nous leur sous-traitions nos activités.

Vous avez donc recours à des bateaux locaux pour déployer les bouées de mesures du vent ?

Oui. Les sous-traitants français voient en nous un gros potentiel de développement de leurs activités. Cela fait deux ans que je travaille chez Axys et j’ai accompagné la croissance de plusieurs sous-traitants de bateaux, qui par exemple achètent de nouveaux bateaux et y effectuent des travaux pour s’adapter aux exigences techniques de notre métier. Je constate que les sous-traitants locaux sont de plus en plus opérationnels et remplissent mieux aujourd’hui les conditions obligatoires et les certifications pour que nous puissions contractualiser avec eux.

C’est bénéfique pour tous : les acteurs locaux, comme le groupe LHD à Noirmoutier, nous apportent leur connaissance parfaite du marché local, et nous, nous leur apportons une nouvelle activité économique.

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