Les Pays de la Loire misent sur la transition énergétique et l’éolien en mer

08/02/2017 | La concertation

Entretien avec Sébastien Pilard, vice-président du Conseil régional des Pays de la Loire en charge de la Croissance bleue et du développement international.

Sébastien Pilard, quel est le positionnement de la région Pays de la Loire vis-à-vis de la transition énergétique ?

La transition énergétique est une priorité pour la région, elle fait d’ailleurs l’objet d’une feuille de route spécifique présentée lors de la dernière session de vote du budget de la région, le 14 décembre dernier.

Nous avons à cette occasion rappelé notre ambition de développer une écologie positive, à l’heure où l’écologie est souvent perçue comme une contrainte. Nous souhaitons contribuer à une émulation collective et à une prise de conscience de la population pour que les ligériens deviennent acteurs de leur transition énergétique.

Notre majorité a donc voté cette feuille de route, à laquelle a été attribué un budget à la hauteur de nos ambitions : 121 millions d’euros sur la période 2017-2021, complétés de 71 millions d’euros provenant de fonds européens.

La transition énergétique est un sujet de société, mais qui repose avant tout sur le lancement de projets concrets, visibles et réalisables à court et moyen terme. Elle repose notamment sur cinq axes :

  • Le développement des énergies renouvelables (dont les énergies marines renouvelables (EMR)) ;
  • La transformation du parc immobilier et l’efficacité énergétique des entreprises ;
  • Le développement de la mobilité durable, notamment pour la marchandise mais aussi pour les particuliers ;
  • La recherche et le développement des techniques de stockage de l’énergie ;
  • La construction de réseaux intelligents, qui permettent d’optimiser l’utilisation de l’énergie produite (la Région se positionne d’ailleurs en leader sur cet axe avec le projet SMILE réalisé en partenariat avec la Bretagne).

La transition énergétique des Pays de la Loire, c’est aussi la création de nouvelles filières et la montée en compétences des entreprises ligériennes. Nous devons en profiter pour trouver les leviers de leur croissance de demain.

Comment le projet de parc éolien en mer des îles d’Yeu et de Noirmoutier s’inscrit-il selon vous dans cette transition énergétique ?

Le parc éolien en mer des îles d’Yeu et de Noirmoutier est un projet de grande ampleur. Sa taille contribuera aux objectifs de la transition énergétique à horizon rapide, car il aura un impact direct sur le mix énergétique de la région.

De plus, le caractère inédit des parcs éoliens en mer de la région Pays de la Loire, dont celui des îles d’Yeu et de Noirmoutier, implique en parallèle le développement d’une nouvelle filière qui pourra mobiliser les savoir-faire et expertises des PME régionales. Les deux parcs éoliens en cours de développement dans la région entraînent une nouvelle dynamique de territoire. C’est une réalité pour la région, une réalité industrielle qui confortera une attractivité déjà forte au vu de nos atouts actuels (le Grand Port maritime, le Techno-campus Energie des océans, les grands chantiers STX…)

Tous les paramètres sont réunis pour que notre territoire mène la danse, notamment dans le domaine des énergies renouvelables et des EMR. Les entreprises ligériennes pourront ainsi se positionner sur un marché non seulement français, mais aussi européen voire international.

Quels sont les atouts des Pays de la Loire pour accueillir un tel projet ?

Les Pays de la Loire remplissent les premiers critères évidents : la mer et le vent.

Mais notre région fait aussi preuve d’une forte volonté politique, qui n’est pas sans incidence sur le développement de ce type de projets, lesquels questionnent parfois et doivent également faire face à des mouvements de contestation. Pour que ces projets puissent devenir une réalité, un travail collectif entre les industriels et les représentants politiques est donc de mise. Il faut également faire preuve de pédagogie vis-à-vis de la population.

Nous avons tous les atouts pour faire de la France un leader de l’économie maritime et des énergies marines renouvelables. J’ai la conviction que si l’on parvient à monter cette filière en intégrant les entreprises du territoire, notre région pourra se positionner en tant que leader national dans ce domaine, voire même européen et international. Nous disposons d’atouts forts en matière de Recherche et Développement (le Techno-campus, des écoles reconnues au niveau européen telle que l’Ecole Centrale de Nantes, ou encore le laboratoire du SEMREV qui accueillera bientôt la première éolienne flottante de France…)

Les parcs éoliens en mer sont en quelque sorte le carburant qui met en marche la volonté collective de la région de devenir un champion des EMR.

Quelles sont vos attentes vis-à-vis du parc éolien en mer des îles d’Yeu et de Noirmoutier ?

Dans un premier temps, nous attendons qu’il se fasse… et de notre côté, nous mettons tout en œuvre pour faciliter le développement de ce grand projet. Le parc éolien en mer aura un impact sur le territoire, nous tenons donc à l’accompagner et à afficher une véritable « volonté de faire » aux côtés du porteur du projet.

Nous espérons également que le maximum sera fait pour créer cette nouvelle filière de l’éolien en mer et y intégrer les entreprises régionales. Sans montée en compétences de ces dernières, nous risquons de passer à côté de l’un des objectifs de ces projets. La région sera très vigilante sur ce point car ce sont les emplois de demain qui sont en jeu.

Nos attentes vis-à-vis des EMR s’inscrivent dans une perspective politique globale. L’atout maritime de la France a été délaissé ces derniers années et doit être valorisé si nous voulons revenir au premier plan de l‘économie européenne. La mer est l’un des leviers de la croissance de demain, c’est pourquoi Bruno Retailleau a intégré les enjeux liés au secteur maritime des Pays de la Loire au volet économique de la politique régionale et pas seulement au volet de la transition énergétique. J’ai la conviction que la mer sera au cœur des enjeux économiques du 21ème siècle. La France, qui a la deuxième surface maritime du monde, doit enfin saisir cette opportunié et mettre la mer au centre de son projet politique.

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