La future base de maintenance des éoliennes à Port Joinville

12/02/2018 | La concertation, La filière industrielle

Entretien croisé avec Bruno Noury, maire de l’Ile d’Yeu, et Eric Taraud, porte-parole des pêcheurs professionnels.

En septembre 2017, un accord a été entériné entre l’ensemble des usagers du port de Port-Joinville et Eoliennes en Mer Iles d’Yeu et de Noirmoutier pour l’installation de la base de maintenance des éoliennes du futur parc éolien en mer. Bruno Noury, maire de l’île d’Yeu et Eric Taraud, porte-parole des pêcheurs, reviennent sur les discussions qui ont abouti à cet accord.

  • Comment se matérialise l’implantation d’une base de maintenance du parc éolien en mer à Port-Joinville ?

B. Noury : Suite à de nombreux échanges avec le porteur de projet, les acteurs locaux et les partenaires extérieurs, il a été décidé que la future base de maintenance du parc éolien en mer s’établira dans une partie de l’actuel centre de marée. Compte tenu de l’arrêt de l’activité de vente, le meilleur compromis était d’utiliser des bâtiments déjà existants pour faciliter l’implantation d’une telle activité sur le port. Bien sûr, il nous reste encore beaucoup à faire pour que cette nouvelle activité s’intègre au mieux avec les activités existantes (mareyage, pêche, usagers portuaires, compagnie de transport maritime, …).

E. Taraud: Nous avons la chance de profiter d’un grand port, en eau profonde, avec des infrastructures qui offrent des perspectives de développement. Port-Joinville est aussi un site touristique. Une nouvelle activité comme l’éolien peut facilement créer des déséquilibres portuaires et bouleverser le paysage. Nous avons réussi à trouver une solution qui respecte l’ensemble des usagers du port.

  • Comment les usagers portuaires ont-ils été impliqués dans les discussions ?

B. Noury: Depuis le début du projet, nous nous sommes appuyés sur les forces vives de l’île. Ce projet est une volonté commune de la municipalité, de l’ancien comité local des pêches, de l’Union des Commerçants et des Artisans et de l’association de protection de l’environnement Yeu Demain. Régulièrement, nous avons associé l’ensemble de ces parties prenantes tout en informant et en sollicitant le Conseil Portuaire sur l’ensemble de ces questions. Nous avons dû retravailler plusieurs fois le projet avec le porteur de projet jusqu’à ce qu’il convienne au plus grand nombre.

E. Taraud: Au début, le porteur de projet a surtout traité avec la mairie. Le scénario proposé n’était pas acceptable. Il ne prenait pas en compte la transformation de la criée en base avancée. Nous souhaitions rationnaliser au maximum les bâtiments existants tout en préservant l’espace portuaire. Nous nous sommes impliqués pour trouver la meilleure solution car le port est notre outil de travail et notre lieu de vie.

 

 

  • Comment percevez-vous l’arrivée d’une nouvelle activité maritime à Port-Joinville ?

B. Noury: Nous ne pouvons qu’être satisfaits de voir arriver une nouvelle activité d’envergure à Port-Joinville. Il faut bien comprendre que c’est un véritable tour de force de pouvoir accueillir autant d’emplois industriels sur une île comme la nôtre. Cela ne s’est jamais produit ailleurs. Un gros travail a donc été nécessaire avec le porteur de projet pour que ses standards industriels, valables dans des ports de plus grande taille, puissent s’adapter à la particularité de notre petit territoire insulaire. Au-delà des emplois directs, on pense également aux emplois indirects et induits qui seront consolidés ou créés dans les prochaines années. Cependant, Il faudra être vigilant pour que chacun trouve sa place dans une zone déjà bien dense dans cette partie du port.

E. Taraud: Toute nouvelle activité doit s’adapter aux contraintes portuaires et non l’inverse. Il faut aussi qu’elle respecte les autres activités maritimes. Si ces deux conditions sont réunies, il n’y aura pas de problème majeur.

  • Quelles retombées attendez-vous de l’implantation d’un parc éolien en mer au large des îles d’Yeu et de Noirmoutier ?

B. Noury: Les retombées seront nombreuses, car cela va considérablement doper l’économie de l’île. Le fonctionnement de ce parc éolien nécessitera des sous-traitants et va de fait impacter positivement notre économie locale : commerces, hôtellerie, restauration, services multiples. Derrière chaque emploi direct créé pour les activités de maintenance, ce sont trois emplois qui gravitent autour. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les éoliennes de 8 mégawatts sont une innovation, on peut tout à fait imaginer que de nouvelles activités se développent avec l’avènement du parc éolien : pourquoi ne pas imaginer demain des visites de type « tourisme éolien » dans la base de maintenance puis au sein du parc pour expliquer le fonctionnement d’un parc éolien en mer et le principe de sa maintenance ?

E. Taraud: L’Ile d’Yeu a toujours vécu de la mer. Le plus important c’est de générer de l’activité tout en ne sacrifiant pas l’essentiel. Nous avons essayé de faire d’une contrainte une opportunité notamment pour les jeunes générations. Nous espérons que l’avenir nous donnera raison.

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