FOCUS – Les études “acoustique sous-marine”

23/02/2016 | L'environnement, Les actus et l'édito

Depuis le printemps 2014, une douzaine d’études ont été lancées par Eoliennes en Mer Iles d’Yeu et de Noirmoutier (EMYN) (campagnes terrain, bibliographie) en vue d’affiner et d’approfondir les connaissances acquises sur chaque compartiment biologique (poissons, crustacés, mammifères marins, oiseaux, etc). Elles permettront la rédaction de l’étude d’impact sur l’environnement à remettre aux services de l’État en vue de l’enquête publique, envisagée entre août et septembre 2017.

L’étude d’impact dresse un état initial des caractéristiques physiques, biologiques et humaines du milieu dans lequel s’insère le parc éolien, puis analyse les effets du projet sur chacune des composantes étudiées.

L’acoustique sous-marine

Le bruit sous-marin est composé de trois familles :

  • les bruits naturels (déferlement des vagues, pluie, craquements sismiques, etc) ;
  • les bruits biologiques générés par la faune marine (les dauphins, les baleines, etc) ;
  • et les bruits anthropiques, générés par les activités humaines en mer (le trafic maritime, les travaux maritimes, les projets d’énergies marines renouvelables, etc).

Les opérations de mise en place des fondations d’éoliennes envisagées par EMYN générant du bruit peuvent dès lors avoir un impact sur la faune marine, et plus particulièrement sur les mammifères marins qui utilisent l’écholocation* (principe du sonar) pour s’orienter, chasser et communiquer.

L’enjeu principal sur ces espèces est donc de limiter les perturbations notamment lors de la phase de construction, mais également durant les phases d’exploitation et de démantèlement du parc éolien.

Photo de Raphaël Tilot, Directeur de Éoliennes en mer Iles d'Yeu et de Noirmoutier, et José Jouneau, Président du COREPEM, signant la convention de partenariat le 14 janvier 2016

Pose en mer d’un hydrophone par Quiet Oceans

Les analyses et la méthodologie

Une pré-analyse de l’état initial des bruits sous-marins de la zone a été réalisée par le bureau d’étude Quiet-oceans, expert en acoustique sous-marine, au sein d’une aire d’étude de plus d’une cinquantaine de kilomètres autour de la zone du projet.

Des études complémentaires in situ sont actuellement en cours sur une échelle plus fine, toujours menées par le bureau expert Quiet-oceans. Ces campagnes visent à caractériser l’état acoustique de référence (l’état initial) et à évaluer l’impact acoustique sous-marin du projet, par une combinaison de modélisations et de mesures acoustiques.

Ces campagnes reposent sur deux méthodes distinctes :

  • Une méthode « d’acoustique passive » qui consiste à la mise en place d’hydrophones posés sur le fond marin au sein et aux alentours de la zone du projet. Ils permettent de calibrer le bruit existant (c’est-à-dire le fond sonore ambiant) et d’évaluer la présence de cétacés.
  • Une méthode « d’acoustique active » qui consiste à émettre ponctuellement des signaux sonores d’intensité connue afin de mesurer leur propagation dans l’eau et d’ainsi calibrer ses paramètres.

Les niveaux sonores obtenus à l’heure actuelle par simulation numérique montrent que l’ambiance acoustique n’est pas homogène sur l’aire d’étude. En été, les activités saisonnières (plaisance et trafic de ferries vers les îles, tourisme littoral…) plus importantes induisent globalement plus de bruit dans la bande côtière.

Lien : Pour en savoir plus, lire l’interview de Thomas Folegot, directeur du bureau d’études Quiet Oceans

Crédits photos : Copyright EMYN

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