Focus – Benjamin Dutreux, un vendéen dans le vent

08/06/2017 | L'environnement, Le projet, Les actus et l'édito

Benjamin Dutreux, jeune skipper de 27 ans, basé à l’ile d’Yeu a fait ses gammes dans les eaux vendéennes en intégrant le Team Vendée, école de formation de haut niveau. Le vendéen soutenu par EMYN depuis 2015 pour ses courses en catégorie Figaro Beneteau II, participait pour la 3ème fois à la 48e édition de la Solitaire Urgo Le Figaro.

Récit d’une course qui aura duré 3 jours et 17h et 23 mn pour Benjamin.

Lundi 19 juin : Départ de la 4ème et ultime étape de la Solitaire URGO Le Figaro, proposant un parcours à haut risque, particulièrement long près de 505 milles ( environ 930 km) et parsemé d’embuches entre courants forts et des conditions météo complexes, cailloux à fleur d’eau. Benjamin conscient des difficultés qui l’attendent, reposé après 3 nuits à terre à Concarneau, est très concentré car c’est la dernière occasion pour faire la « perf ». Plus motivé que jamais, le jeune vendéen a pris un bon départ.

Mardi 20 juin :  Toujours dans le match, après 24h de course Benjamin est positionné 6e malgré le vent très faible et des forts courants contraires. Il ne lache rien et avance mètre par mètre dans la flotte compacte qui a été quasiment arretée pendant plusieurs heures.

Mercredi 21 juin : La nuit a été longue, sans sommeil, Benjamin sait qu’ il va falloir tenir psychologiquement car la pétole (aucun vent) est de retour, une journée longue en perspective s’annonce.

Le classement évolue en permanence, positionnant Benjamin entre la 5ème et la 18ème place, ce qui joue sur les nerfs des skippers qui suivent en temps réel le classement sur leur ordinateur de bord, car ils « voient » gràce au systême AIS, les autres bateaux. Le manque de sommeil commence a se faire sentir, la lucidité sera la clé pour rester dans le peloton de tête et gérer la traversée de la Manche avec un vent toujours instable, et un courant permanent qui change de direction toutes les 6 heures environ. A moins d’un mille du leader, le vendée est toujours aux avants postes, à l’affut de la moindre opportunité.

Cette journée qui célébrait la fête de la musique, ce n’était pas forcément la joie sur les bateaux des concurrents qui ont du lutter pendant près de 40 heures contre le courant et les zones sans vent… 40 heures à ne presque pas fermer l’œil, à voir défiler les côtes bretonnes au ralenti :
Benjamin joint par radio par le direction de course nous donne un aperçu de se qu’il vit :

Là, j’essaie de me reposer un peu après le “black out” que j’ai fait cette nuit. J’étais dans le coup sur les premières 24 heures de course, du coup j’ai oublié de dormir, et dans la molle (sans vent) quand le regroupement s’est fait je m’endormais tout le temps. Je suis donc allé me coucher et j’ai perdu de la distance. Les conditions sont un peu plus paisibles désormais, ça ramène un peu de sérénité à bord. En plus on est sous spi, ça glisse, le bateau est à plat, ça fait du bien...”

En tout début d’après-midi, le brouillard a enveloppé la flotte, empêchant de voir à 100 mètres. Les concurrents naviguaient donc les yeux fermés avec pour seul repère l’AIS sur leur écran d’ordinateur, système indispensable pour surveiller le trafic des cargos en Manche et les camarades de jeu !

Benjamin a atteint l’Angleterre (Wolf Rock) vers 18 heures, en même temps que la bascule de vent au Nord-Ouest (qui devrait forcir), ce sera un moment déterminant pour la suite du classement ! Notre skipper n’est qu’à 1.4 milles du leader.

Jeudi 22 juin : Benjamin a fait une belle remontée, filant à vive allure sous spi en 10e position, poussé par un vent qui se renforce progressivement ! La flotte s’est regroupée depuis le passage de Wolf Rock et le suspense est à son comble à moins de 24 heures du dénouement à Dieppe…Une fin de course qui s’annonce serrée et qui va certainement se jouer sur la vitesse, le positionnement et le mental !
Vendredi 23 juin : Après 3 jours, 17 heures et 23 minutes de navigation intense, Benjamin est arrivé 18ème vers 8h30 fort déçu de ce classement après avoir autant bataillé. Les arrivées se sont enchainées, les bateaux passant la ligne avec parfois quelques secondes d’écart.

Avec cette dernière étape, le vendéen se classe 12ème avec un temps cumulé de 10 jours 9 heures 48 minutes et 23 secondes à 3mn 38 seconde de son collègue Julien PULVE qui courre sous les couleurs du TEAM VENDEE et juste devant le triple vainqueur du Figaro, 3ème du Vendée Globe, Jérémy BEYOU. Bravo au vainqueur Nicolas LUNVEN qui était intouchable cette année, en état de gràce avec 2 victoires d’étape à la clé.

Le classement de Benjamin reste respectable et confirme le potentiel du vendéen,  enrichi d’une nouvelle expérience qu’il a acquis sur cette 3ème participation et qui lui servira pour ses prochains projets que ce soit la saison 2018 en Figaro ou le Vendée Globe 2020.

Après autant d’intensité, le jeune skipper va devoir se reposer sérieusement avant de préparer la suite de la saison.

Pour suivre Benjamin en temps réel ou l’encourager :

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