Armel Le Cléac’h, grand vainqueur de l’édition 2016-2017 du Vendée Globe

08/02/2017 | La concertation, Le projet

Eoliennes en mer Iles d’Yeu et de Noirmoutier (EMYN) était le partenaire officiel Energie Renouvelable du Vendée Globe cette année. Entretien avec Armel Le Cleac’h, grand vainqueur de cette nouvelle édition.

Armel Le Cléac’h, comment résumeriez-vous votre parcours tout au long de cette course ?

Cette année, la course a été très engagée et est partie très vite. On a battu le record du Vendée Globe de 4 jours. D’entrée de jeu, la course a été soutenue et les conditions météo favorables ont permis une descente de l’Atlantique très rapide. Je suis arrivé au niveau du Cap de Bonne Espérance avec 4 jours d’avance. Les favoris étaient au rendez-vous, et nous avons mené une bataille sans répit, notamment avec Alex Thomson qui a réalisé un très beau début de course. La situation est devenue plus compliquée dans les mers du sud, notamment à cause de conditions plus difficiles dans l’Océan Indien et le Pacifique, fidèles à leur réputation, qui ont conduit à l’abandon de plusieurs concurrents.

J’ai réussi à rattraper Alex Thomson, et nous avons bataillé jusqu’à l’Australie où j’ai réussi à le doubler.

C’est dans l’Océan Pacifique que j’ai réussi à prendre de l’avance, en passant le Cap Horn avec 2 jours d’avance sur lui. A partir de là, je croyais réaliser une remontée plus aisée de l’Atlantique mais finalement non : la météo a été compliquée jusqu’au bout. Il a réussi à revenir à mon niveau, d’où ce suspens et cette pression jusqu’à 24h de l’arrivée.

Tout au long de la course, il a fallu tenir tête pour arriver premier, ce qui était l’objectif de mon équipe et de Banque Populaire. J’ai vécu une très belle arrivée, pleine d’émotion et de satisfaction pour tout le monde. C’était mon troisième Vendée Globe, je suis vraiment content de ma course cette année.

Crédits : Vincent Curutchet / DPPI / Banque Populaire

Qu’est-ce qui a motivé votre participation au Vendée Globe et d’où vient votre détermination ?

Lorsque j’ai participé à mon deuxième Vendée Globe, je suis arrivé deuxième à 3 heures du premier. On a tous voulu y retourner pour cette fois-ci gagner, car nous étions passés à très peu d’une grande victoire.

Le Vendée Globe est la course la plus difficile à gagner en solitaire. Je pratique la voile depuis pas mal d’années déjà, et cette course, c’était le rêve, le Graal à atteindre. La motivation était au rendez-vous, pour gagner et jouer la compétition. Mon objectif était avant tout sportif, je misais moins sur l’aspect « Aventure et découverte » que lors de ma première édition, même si le parcours a toujours ses difficultés.

Quelle a été votre stratégie pour déjouer les difficultés rencontrées ?

La préparation en amont a été très importante : cela faisait 4 ans que mon équipe et moi-même nous préparions. « Sportivement » parlant, je me préparais depuis 2 ans et demi avec mon équipe, sur d’autres compétitions et en suivant beaucoup d’entrainements qui m’ont permis d’anticiper des problèmes techniques, notamment sur le bateau que je connais aujourd’hui sur le bout des doigts.

Je m’appuyais aussi beaucoup sur le soutien à terre. Le fait d’être en tête de la course aide également : ma position me permettait de rester positif même sur la fin quand c’était compliqué.

Je me suis accroché, en me disant : « c’est l’année ou jamais ».

Y.ZEDDA / BPCE / Banque Populaire

Comment trouvez-vous les ressources pour aller au-delà de vous même lorsque cela est nécessaire ?

C’est l’expérience accumulée des situations vécues sur d’autres courses et au fil des années qui permet de se surpasser quand c’est difficile. On se rappelle de tout ce que l’on a préparé à terre avec les équipes et du travail réalisé pendant des heures et des heures, loin des caméras.

Sur l’eau, vous ne pouvez pas laisser tomber : même quand c’est dur, même quand ça ne va pas, je ne peux pas baisser les bras. Je le fais aussi pour les gens qui me suivent de près : ma famille, mes enfants, ma femme. J’avais vraiment la gagne : pour se lancer dans le Vendée Globe, il faut y aller à fond.

EMYN était le partenaire officiel Energie Renouvelable du Vendée Globe cette année. Et vous, que pensez-vous des énergies renouvelables et notamment des énergies marines renouvelables ?

Dans la voile, nous sommes très sensibles aux énergies marines renouvelables. De plus en plus, nous essayons d’avoir des bateaux qui font le tour du monde sans avoir recours aux énergies fossiles pour alimenter les équipements électroniques de plus en plus importants à bord. Un monocoque n’est pas très adapté pour accueillir une éolienne… mais j’en ai eu par le passé sur un trimaran.

Sur cette édition du Vendée Globe, un hydrogénérateur sur le bateau nous a permis de recharger nos batteries pendant une grande partie de la course. Peut-être que pour le prochain Vendée Globe, les bateaux navigueront sans énergie fossile ? C’est le futur, et les évolutions techniques permettent d’adopter de nouvelles solutions très fiables pour les bateaux.

D’un point de vue plus personnel, je vous dirai que je n’ai pas vu beaucoup d’éoliennes en mer pendant la course car nous étions un peu loin de tout… Mais j’en ai croisé à d’autres occasions, beaucoup notamment en mer du Nord. Si cela peut bénéficier aux habitants de la Vendée, c’est tant mieux.

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